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Publié par Esprit Nature

Peau et Soleil : entre bronzage et « coup de soleil » - Préparation, protection et réparation de la peau. Protection de la peau, brûlures et dessèchement cutanées, renouvellement des cellules et l'assouplissement du derme. peaux  asséchées, rides et peaux fatiguées. Apaisement de la douleur et diminution de l'inflammation du au coups de soleil 

 

Avec les beaux jours, les besoins de « prendre le soleil » se font de plus en plus sentir.

 On a tous besoin et envie de se laisser caresser par ses chauds rayons. Cette lumière bienfaisante qui nous apporte la « joie de vivre ». Mais, comment réagit notre peau ?

 Milleperthuis

 

 

 

Nous ne sommes pas tous égaux sous le soleil ! ! !

A la naissance, nous possédons un « capital soleil » correspondant à notre phototype. Un brun aux yeux sombres et à la peau mâte (phototype 5) a un capital plus important que le blond aux yeux bleus et à la peau claire (phototype 1). D'exposition en exposition solaire, notre capital s'écorne et notre peau devient plus sensible au soleil. Dans tous les cas, une protection s'impose.

 

Entre bronzage et « coup de soleil »

 

Les agressions solaires sont dues à des radiations de courtes longueurs d'ondes situées dans l'ultraviolet (UV). Par ses pigments, les mélanines, la peau absorbe ces radiations. Ce mécanisme seMilleperthuis décompose en deux temps. Dans un premier temps, immédiat et transitoire, il y a une oxydation des mélanines par les rayons UV et plus spécifiquement les UVA. Dans un second temps, celui-ci plus long ou persistant, s'opère la synthèse des mélanines sous l'effet des UVB, c'est le bronzage. Lorsque la peau est exposée à un rayonnement solaire intense, se conjuguent les effets des rayons UV et des rayons infrarouges (IR), surtout calorifiques comme ceux d'un corps chauffé au rouge. Ce sont eux qui provoquent ce que nous appelons vulgairement : "le coup de soleil". Quand on recherche un effet de bronzage, il est donc prudent d'éviter les actions conjuguées des UVB et des IR, tout en bénéficiant de l'action des UVA.

 Si une protection s'impose, une préparation de la peau n'est pas superflue. Après avoir été recouverte pendant plusieurs mois, la voilà, subitement exposée. La peau, notre peau, ne mérite t'elle pas une meilleure attention. Quelques plantes de notre Flore peuvent nous aider.

 

LA PREPARATION DE LA PEAU


La prèle.

Tout le monde a entendu parler de la prèle (Equisetum arvense) pour reminéraliser dans les cas de rhumatisme. Mais les cellules de la peau ont aussi besoin d'éléments minéraux. La prèle, est très riche en minéraux et notamment en silice.

La silice est un des composants des tissus cutanés. Les tissus conjonctifs et élastiques sont très riches en silice à l'état normal et leur dégénérescence va de pair avec sa diminution. Des études ont montré que la silice était impliquée dans la synthèse des mucopolysaccharides, composants importants des tissus conjonctifs dont ils maintiennent l'élasticité. Sur le tissu dermique, la silice retarde l'atrophie survenant avec le vieillissement, d'où son intérêt sur les rides, l'élasticité de la peau et les vergetures.

Avant une longue exposition au soleil ou  au milieu de l'été, il peut être utile de faire une cure de prèle.

Le romarin.

Une autre plante peut être utile ! Le romarin (Rosmarinus officinalis), celui que l'on utilise en cuisine ! S'il accompagne facilement les plats, ce n'est pas seulement pour son goût, le romarin est aussi le « roi des conservateurs ». La peau a besoin d'être « conservé » Nos cellules cutanées sont constitué d'acides gras sensibles à l'oxygène de l'air et des rayons lumineux. Sous l'action de l'oxygène, les acides gras se dénatures, la peau  se dessèche. La « barrière cutanée » est affaiblie. C'est le phénomène de l'oxydation !

Milleperthuis

Le romarin est un anti-oxydant, certains de ses composants sont des « antiradicalaires » Ces composants sont plus facilement extractibles en décoction. Une poignée de jeunes rameaux pour ¼ de litre d'eau, faire bouillir 10 minutes, laisser tiédir et mélanger à l'eau du bain.  Avec quelques bains, pas plus de 2 par semaines, on se « sentira mieux dans sa peau » Plus disponible pour recevoir les chauds rayons.

Le romarin, toujours en décoction, est aussi un détoxiquant hépatique. Pas au-delà de 3 jours de cure, sous risque d'avoir un effet inverse. La peau « rénové » et le foie « lessivé » voilà de quoi être « rayonnant ».

 

LA PROTECTION VEGETALE

Au cours des temps et quelques soient leurs couleurs, les différentes ethnies se sont toujours protégé du rayonnement solaire. Les végétaux ont toujours été à la base de cette protection.

L'aloès des Barbades.

L'aloès, Aloe vera. ou Aloe barbadensis, à ne pas confondre avec d'autres espèces ; il en existe quelque 150. Celui-ci porte des fleurs jaunes, réunies en grappe serrée au sommet d'une hampe florale unique dressée. Originaire de l'Afrique du nord, il est, aujourd'hui,  cultivé dans plusieurs régions des Etats-Unis, notamment en Floride.

Son usage est ancien, il est réputé pour ses vertus thérapeutiques et cosmétiques. Dioscoride, il y a près de 2000 ans, vantait déjà ses qualités dans les affections cutanées. De nos jours, le suc d'aloès est utilisé un peu partout dans le monde, contre les affections de la peau et comme reconstituant du tissu cellulaire. On utilise le gel obtenu après élimination des tissus superficiels de la feuille. Traditionnellement, les indigènes emploient le « suc » de feuille fraîche contre les affections cutanées et pour se protéger la peau.

L'aloès absorbe-t'il les rayons UV ou en protègent-il la peau ?

 

MilleperthuisVraisemblablement les deux. Des recherches ont montré que certains composants du gel d'aloès protégeaient la peau des UV tout en diminuant l' hypersensibilité de la zone irradiée. (2) D'autres travaux, effectués sur un grand nombre de personnes, avaient précédemment établi que l'émulsion de gel d'Aloès avait une action préventive et protectrice sur les brûlures cutanées causées par les radiations.

Cette action protectrice est aussi due à son effet anti-oxydant. Les quinones de l'aloès s'opposent à la fixation de l'oxygène sur les membranes cellulaires. De ce fait, ils en maintiennent l'intégrité, tout en évitant le vieillissement et le dessèchement cutané.

Le gel d'aloès existe sous forme de spécialités cosmétiques, telles que laits et crèmes solaires largement commercialisés en France.

Le karité

Le Karité (Butyrospermum parkii) est un arbre d'Afrique, c'est une des seules ressources du Sahel. Il peut atteindre quinze à vingt mètres de hauteur. Sa durée de vie est très longue, elle peut arriver jusqu'à deux siècles. Il donne des fruits à partir de la quinzième année, mais il n'atteint sa pleine production qu'à sa vingt-cinquième année. Cinq mois après la floraison qui a lieu en juin - juillet, les fruits mûrs tombent au sol. Ces fruits charnus qui ont la forme d'un avocat ont une pulpe sucrée comestible. À l'intérieur du fruit se trouve une noix entourée d'une coque mince contenant une amande dure et une amande blanchâtre qui recèle une matière grasse, équivalent à 50 % de son poids, nommée beurre de Karité.

 

Le beurre de karité contient des acides gras qui sont de véritables reconstituants cellulaires. Ils favorisent le renouvellement des cellules et l'assouplissement du derme. Il est efficace pour régénérer les peaux  asséchées, pour lutter contre les rides et les peaux fatiguées. Au soleil, il filtre les U.V en protégeant la peau, il possède un indice 2.

 

LA REPARATION

Si malgré toutes les précautions, des brûlures se font sentir, l'aloès, le karité peuvent favoriser la régénération. Mais une autre plante de nos campagnes peut être utile, c'est le millepertuis.

Le millepertuis (Hypericum perforatum) se présente en huile. La fameuse « huile rouge » des Provençaux, Dans les « coups de soleil », elle apaise la douleur, elle diminue l'inflammation et régénère les tissus cutanés

Dans ce cas, le célèbre millepertuis (Hypericum perforatum) se présente en huile. La fameuse « huile rouge » des Provençaux, l'huile de millepertuis. Ce remède de « bonne fame (réputation)» était, autrefois, utilisé dans les hôpitaux pour soigner les brûlés. Aujourd'hui, c'est une excellente huile de macération pour l'entretien régulier de la peau. Dans les « coups de soleil », elle apaise la douleur, elle diminue l'inflammation et régénère les tissus cutanés. A condition de ne pas s'exposer au soleil, aussitôt après son application. Un des composants du millepertuis, l'hypericine, concentre les rayons lumineux, ce qui a pour conséquence de provoquer un « effet loupe »  entraînant des brûlures. En respectant ces conditions c'est une huile après « coups de soleil » remarquable, que l'on peut faire soi-même.

Cette plante de la « St Jean » se cueille en plein été, quand les pétales sont bien offerts au  soleil. Pour faire l'huile de millepertuis, il faut couper délicatement les plus belles sommités fleuries, sans délester la plante. Les mètrent, fraîchement cueillies dans un récipient en verre blanc et recouvrir d'une bonne huile végétale; type olive ou sésame première pression à froid, mention extra. Laisser le récipient bien exposé au soleil pendant 3 semaines, en le rentrant la nuit. Il n'y a plus qu'a presser dans un linge et filtrer. L'huile rouge est prête à être appliquée. Les amateurs peuvent agrémenter avec quelques gouttes d'huile essentielle de lavande vraie (Lavandula angustifolia). Avec le temps, ce remède de « bonne fame » garde sa bonne renommée.

(en savoir plus sur l'huile de milleperthuis) 



Préparée et protégée, notre peau est alors disponible pour recevoir cette « divine lumière » qui apporte l'enthousiasme à chacun d'entre-nous et qui est nécessaire au maintient de notre santé.

          

    Alain TESSIER

Ethnobotaniste
En savoir plus sur les plantes                                                             

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