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Publié par Esprit Nature

Le cynorrhodon est le fruit de l'églantier, encore appelée " rose de chien " dans certaines régions.

L'églantier (Rosa canina) est un arbuste de la famille des Rosaceae, très répandu dans les haies, les lisières des bois ou les bords de chemins jusqu'à 1500 m d'altitude. Il émet de longues tiges vertes pouvant atteindre 5 m de long. Elles sont armées d'aiguillons fortement recourbés. Les feuilles caduques, vertes ou bleutées, sont composées de 5 à 7 folioles glabres et dentées. En mai-juin, les fleurs parfumées, de couleur blanche ou rose plus ou moins prononcé, s'épanouissent. Elles ont 4 à 5 cm de diamètre et sont par groupes de 2 à 5.

Le cynorrhodon est très riche en Vitamine C (Jusqu'à dix fois plus que le citron)

Les fruits, appelés cynorrhodons, de forme ellipsoïde, lisses et allongés, ont de 1,5 à 2 cm de long, devenant rouges à maturité. Le cynorrhodon est en fait, un faux fruit, il est formé d'une enveloppe charnue contenant des akènes entourés de poils irritants qui constituent le fameux "poil à gratter". Cette particularité a valu à ce fruit le poétique surnom de "gratte-cul". Ils se récoltent vers le mois d'octobre après les premières gelées.

L'enveloppe charnue rouge vif, qui entoure les fruits, (cynorrhodons), possède un goût acidulé très agréable. Elle fournit la matière première pour une délicieuse confiture dont la préparation s'avère plutôt délicate, mais qui est très riche en Vitamine C (Jusqu'à dix fois plus que le citron !), en Vitamines A, B, K et P, en tanins aux propriétés astringentes et en pectine, qui font du cynorrhodon un tonique astringent (diarrhées) et un épurateur de l'organisme.

Traditionnellement, les cynorrhodons sont employés pour leurs propriétés astringentes et pour leur richesse en vitamine C,

notamment pour combattre diverses infections et tout particulièrement, la grippe.

Probablement pour les mêmes raisons, le Cynorrhodon a servi à soigner la lassitude et l'asthénie. On le prenait à raison de 2 cuillères à soupe de pulpe séchée et réduite en morceaux, que l'on faisait infuser dans un litre d'eau froide (ou 2 à 5 g par tasse d'eau), amené à ébullition et bien filtré. On l'a également employé comme astringent pour combattre la diarrhée, la dysenterie, la leucorrhée et les hémorragies.

 

  • Le cynorrhodon antidiarrhéique Action antidiarrhéique.

Cette propriété est principalement due aux tanins qui se combinent aux macromolécules, en particulier avec les protéines. Ainsi en se combinant avec les glycoprotéines salivaires, ils font perdre à la salive son pouvoir lubrifiant. Cet effet est connu à la consommation d'un vin riche en tanins. Ces tanins exercent aussi un effet antidiarrhéique, ils absorbent l'excès de mucus intestinal et contribuent ainsi à diminuer la fréquence des selles.

Par voie externe, les tanins imperméabilisent les couches les plus externes de la peau et des muqueuses et ainsi, protègent les couches sous-jacentes. Ils ont également un effet vasoconstricteur sur les petits vaisseaux superficiels.

  • Le cynorrhodon : action sur le systeme immunitaire Action sur le systeme immunitaire.

Cette action s'exerce à plusieurs niveaux. Les caroténoïdes et notamment le beta-carotène renforce les défenses immunitaires en stimulant la réponse des lymphocytes T. La vitamine C (1 à 2%) joue un rôle important dans le système de défense de l'organisme. C'est un facteur anti-infectieux, antitoxique, antiallergique et qui est nécessaire à la synthèse des hormones stéroïdes.

  • Le cynorrhodon : action antioxydante Action antioxydante.

 Là aussi, plusieurs constituants du cynorrhodon sont impliqués. Le beta-carotène neutralise l'oxygène et inactive les radicaux libres. La vitamine C joue un rôle protecteur sur la peroxydation lipidique et s'oppose à la formation des nitrosamines. Le tocophérol, dont a montré qu'une seule molécule était capable de protéger 20 000 molécules d'acides gras insaturés.

 

Préparées en sirop, on les a beaucoup employées pour donner une saveur agréable aux potions médicinales. Couper les extrémités et fendre le fruit en deux pour retirer les graines avec la pointe d'un couteau, laver. Avec 500 g de pulpe de cynorrhodons pour 1 litre d'eau froide, porter à ébullition pendant 5 min filtrer à travers une mousseline pour éliminer les poils, ajouter 300 g de sucre et faire bouillir 5 min jusqu'à épaississement du liquide. On peut en faire également des confitures. C'est une des meilleures manières de conserver aux baies toute leur richesse en vitamine C. Préparer une purée crue, prélever la chair en éliminant les graines et leurs poils puis la passer au mélangeur. On peut ajouter cette purée aux céréales du matin ou à de la compote. Mais il faut la consommer dans les plus brefs délais car elle ne se conserve pas.

 

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Alain Tessier

Ethnobotaniste

En savoir plus sur les plantes



BIBLIOGRAPHIE

 

(1) J. Bruneton. Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Ed Tec & Doc. 1993.

(2) R.M. Salkeld. b-carotène et prévention du cancer. In Cahier de nutrition et de diététique. 1990. pp 61-64.

(3) H. Schmitt. Eléments de pharmacologie. Ed Flammarion. 1986.

(4) H. Joyeux. In Plantes et médecines associées. N° 19.1992

(5) J. Morelle. Peroxydes lipidiques, radicaux libres, vieillissement et lipoaminoacides. 2ème partie. In Parfums, cosmétiques, arômes. N° 80. Avril-Mai 1988. pp 91-104.

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Schupp 16/12/2015 17:25

Merci ! Super ,preci,assez complet et explicite ...